Comment la technologie transforme le contrôle du trafic aérien - Stéphane Janichewski, Atos

Atterrissage contrôlé : comment la technologie transforme le contrôle du trafic aérien 

Stéphane Janichewski, Responsable du Marché Défense et Aérospatiale, Atos

 

Inventé au cours de la Seconde Guerre mondiale, le moteur à réaction a avantageusement remplacé les vieux avions à hélices et a marqué le début d'une nouvelle ère en matière de voyages. Toutefois, bien que les avions de ligne actuels offrent une perspective bien différente de ceux utilisés juste après la guerre - extrêmement bruyants et beaucoup moins confortables - il est étrange de penser qu'en plus de 65 ans d'opérations, les systèmes de communication radio pour le contrôle du trafic aérien entre contrôleurs et pilotes sont demeurés globalement inchangés.

Actuellement, tous les contrôleurs aériens sont tributaires d'un système radar (lui aussi mis au point durant la Seconde Guerre mondiale) qui, bien que sécurisé, est sujet à des inefficacités et des retards. Ccependant les changement sont  en cours pour les prochaines années. L'industrie de l'aérospatiale entre dans l'ère de la connectivité, et le contrôle du trafic aérien se tourne désormais vers de nouveaux systèmes basés sur des logiciels.

 

Nouvelle ère, nouveaux défis


« Pour beaucoup, il est grand temps que ces changements aient lieu. Le système secondaire de surveillance radar qui travaille avec des transpondeurs à bord des avions a du mal à s'adapter aux challenges modernes et perd souvent la communication entre les avions non coopérants et la tour de contrôle, ou encore lors de conditions météorologiques difficiles (des moments où paradoxalement des données fiables sont requises de toute urgence). De plus, l'introduction dans l'espace aérien civil de véhicules aériens sans pilote (UAV) tels que les drones a occasionné de nombreux problèmes - le plus crucial étant la latence du réseau de communication radar qui peut causer un ralentissement des instructions envoyées au pilote à distance, ce dernier étant potentiellement localisé dans un pays lointain.»

Enfin, étant donné la pression que de nombreux citoyens exercent sur les politiques pour bloquer la construction de nouveaux aéroports et de nouvelles pistes, les contrôleurs aériens sont obligés de gérer plus de trafic que jamais. Avec un personnel soumis à des pressions de plus en plus fortes, l'efficacité devient une préoccupation croissante.

L'avion connecté
 

Dans ce contexte, l'industrie a identifié « l'Avion Connecté » comme une solution viable.


Tout d’abord, les avions connectés seront équipés de capteurs chargés d'envoyer des données en continu aux centres de maintenance des compagnies aériennes via des satellites, contribuant ainsi à accélérer la détection de défaillances potentielles des composants. Les services de maintenance prédictive vont aider à augmenter la durée de vie des avions, ainsi qu'à réduire le temps nécessaire aux réparations et leur coût.  Ils seront en outre en mesure de communiquer avec d'autres avions ; des avions militaires pilotés aux véhicules aériens sans pilote (UAV). L'automatisation des échanges et de la communication entre avions va les aider à maintenir leurs distances de sécurité. Enfin, ce système va permettre de définir de nouvelles normes, pour une interopérabilité efficace, sécurisée et fiable, entre les différents systèmes air-air et air-sol. Les contrôleurs aériens vont pouvoir compter sur un niveau d'automatisation supplémentaire pour optimiser les routes. Le nombre de véhicules aériens va donc considérablement augmenter mais les contrôleurs vont pouvoir se concentrer sur les activités de décollage et d'atterrissage. 

L'avion « data-driven »


Le Big Data a un rôle essentiel à jouer. À partir de l'analyse des plans de vol, les compagnies aériennes vont avoir la possibilité de se conformer aux exigences réglementaires telles que l'initiative européenne «Clean Sky».

Les opérateurs seront informés en temps réel de la performance et de l'efficacité des moteurs, leur permettant ainsi d'effectuer des mises à jour au meilleur moment possible. Les distances de séparation entre les avions vont elles aussi être améliorées grâce aux données qui vont aider à affiner les trajectoires, afin d’économiserle carburant, de réduire les émissions et de mieux répartir les ondes sonores ; limitant ainsi les nuisances sonores sur les trajectoires de vol.

Les opportunités sont claires mais l'avion connecté présente toutefois de nouveaux défis aux contrôleurs aériens. Une connectivité accrue signifie également une surface d'attaque accrue, et la cybersécurité est désormais un véritable souci. Le fait de maintenir les systèmes de contrôle du trafic aérien séparés des systèmes de divertissement à bord est un bon début, mais il faut en faire davantage pour isoler et protéger les données sensibles générées par les avions connectés.

Qui plus est, s'il est indéniable que les données vont jouer un rôle essentiel au sein de l'industrie, leur collecte, leur calcul et leur stockage vont représenter un défi de taille. L'analyse de ces informations en temps réel va exiger une plus grande puissance de calcul que jamais.

Comme le démontre notre livre blanc sur la vision du marché, l'avenir semble prometteur quant au contrôle du trafic aérien mais il est impératif que l'industrie adopte une vision claire mécanismes de contrôle à mettre en place avant que l'avion connecté puisse vraiment se normaliser.

Si tout est parfaitement organisé, nous aurons un voyage sans encombre dans un ciel dégagé, mais en cas d'erreur... le vol risque d'être turbulent !

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