Un final étonnant : Les derniers jours de la mission spatiale Rosetta-Antoine Charpentier, Consultant Atos

Un final étonnant : Les derniers jours de la mission spatiale Rosetta

Antoine Charpentier, Consultant Atos

 

La mission spatiale Rosetta qui a duré 12 ans, 6 mois et 28 jours, n’a pas seulement fourni une étude détaillée de la comète Churyumov-Gerasimenko, elle a également repoussé les limites de l'exploration spatiale, telles que nous les connaissions. La mission Rosetta a été jalonnée de grandes premières : Rosetta a été le premier engin spatial à graviter autour du noyau d'une comète, à voler à ses côtés en même temps qu’elle se dirigeait vers le système solaire, à étudier les effets du réchauffement du soleil sur la surface gelée d'un objet, et surtout, le premier engin spatial à effectuer un atterrissage contrôlé sur une comète.

 

La mission historique a pris fin le vendredi 30 septembre 2016, alors que la sonde passait ses toutes dernières minutes à se rapprocher de la comète et à transmettre  des images plus étonnantes les unes que les autres, à la base de contrôle Darmstadt, en Allemagne. L’arrêt des transmissions a confirmé que Rosetta avait heurté la comète, mettant ainsi un terme à sa mission à plus de 1,1 milliard de kilomètres de son point de départ sur terre.

 

Tout au long de la mission, Atos a travaillé en étroite collaboration avec le Centre National d'Études Spatiales (CNES) et le Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt (DLR), pour veiller à ce que le maximum de données soit recueilli et partagé avec les scientifiques restés sur terre.

 

Antoine Charpentier fait partie des consultants d'Atos qui ont œuvré à la réussite de ce projet. A la fin de la mission, nous l’avons interrogé sur les derniers jours de Rosetta.

 




« Participer à un projet aussi important a été pour moi une expérience unique. Avoir assisté à la fin de la mission est un sentiment incroyable et même si je suis un peu triste, participer à un tel projet a été un honneur pour moi. »

 

Après le lancement de l'atterrisseur Philae, Antoine a travaillé à la création d’une visualisation en 3D de la mission. Pour ce faire, il a dû fusionner deux  modèles numériques différents du terrain, fourni par les équipes ESOC et OSIRIS, en un seul modèle permettant de chercher l'atterrisseur.

 

Comme l'explique Antoine : « Il était impératif de découvrir l'emplacement exact de Philae. Une grande partie des informations renvoyées sur Terre était  liée à une région et un comportement précis  de la comète - nous avions surtout besoin du  contexte pour nous aider à analyser toutes les données. »

 

« Mon équipe avait mis en place un modèle de logiciel de visualisation 3D qui étudiait la comète via les caméras de Rosetta. Après plusieurs mois d’attente, nous avons finalement obtenu une photo de Philae. L'image n'était pas franchement concluante - en réalité, ce n'était rien de plus que deux pixels - mais c'était déjà un point de départ ! À partir de là, nous pouvions commencer à comprendre qu’elle était sa position et quels échantillons l’engin analysait. Nous sommes finalement parvenus à confirmer sa position précise au mètre près. »

 

Bizarrement, lors du lancement de Rosetta en 2004, personne ne savait comment la mission allait se terminer. Comme l'explique Antoine : « Jusqu'à ce qu'une collision soit officiellement suggérée en juin 2015, il n'y avait pas de réelle stratégie en place. L'orbite de la comète l'éloignant de plus en plus du Soleil, la quantité de lumière qui atteignait les panneaux solaires de la sonde diminuait progressivement. L'ESA (Agence Spatiale Européenne) avait calculé que nous ne pourrions pas suivre la comète au-delà de 2017, car Rosetta serait  tout simplement à court d'énergie.»

 

«Cela peut paraître extrême, mais il avait été décidé qu'une collision avec la comète serait le meilleur moyen d’obtenir les données les plus infimes. Tout en guidant Rosetta dans sa descente vers la comète depuis l’ESA - aussi lentement que possible - nous avons rassemblé un maximum d'informations, grâce à de nombreuses mesures et photographies. »

 

Le nombre de résultats scientifiques obtenus grâce à la mission est énorme. Jusqu'à présent, seulement  5% de ces données ont été analysées et, bien que l'exploration soit terminée, nous n’en sommes réellement qu’aux balbutiements de nos connaissances sur la formation de notre planète et du système solaire.

 

Au fil des études, la comète Churyumov-Gerasimenko a été divisée en 19 régions portant  chacune le nom d'une divinité égyptienne. Rosetta repose désormais sur le terrain poussiéreux de la zone Ma'at - qui emprunte son nom à Maât, la déesse de la vérité. Pour un outil d'une telle importance scientifique, cela semble tout à fait approprié.

 

Pour un rappel de l'histoire complète de la mission Rosetta cliquez ici. Vous pouvez également lire les entretiens de Laurent Peret et Dominique Hallouard, nos autres consultants d'Atos qui ont travaillé aux côtés d'Antoine sur ce projet.

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